La Saint Valentin en tête-à-tête.

Michaël avait vraiment bien fait les choses, se dit Elise. Ils s’étaient décidés à célébrer la Saint-Valentin en tête à tête, plutôt que d’aller dans une de ces fêtes au climat clinquant et bruyant. La promesse de la nuit qui allait suivre les avait retenus tous deux dans leur envie de solitude. Elise se surprenait elle-même, un seul amant depuis quelques semaines. Il fallait reconnaître que celui-ci avait beaucoup à lui offrir en matière d’imagination et de sensualité pure. C’était aussi un homme beau et raffiné, le souper de ce soir le prouvait amplement.

La table avait été dressée dans la salle à manger décorée de fleurs pour la circonstance. Un feu crépitait dans la cheminée, répandant une douce odeur de résine, et la vue superbe, s’éclairait d’une myriade de points lumineux éclairant les toits de Paris. Commandé chez un traiteur renommé, les mets choisis l’avaient fait soupirer d’aise, et mise en appétit pour la suite. Elle s’était chargé du gâteau, composition crémeuse en forme de cœur, sacrifiant à la tradition, et la saveur légèrement alcoolisée avait fondue sur leurs lèvres alors qu’ils échangeaient un premier baiser gourmand.

Le champagne aidant, ils avaient bavardé à bâtons rompus, prenant le temps de savourer leur désir, et l’idée du défi avait surgi. Elise avait voulu rabattre quelque peu l’orgueil de mâle de Michaël, qui avait déclaré être capable de la faire jouir à chaque étreinte, sans qu’elle puisse lutter. Elle avait répondu être maîtresse de son corps en toute occasion, se libérant ou se contraignant seulement du fait de sa volonté. Michaël l’avait alors mise en demeure de le prouver, et de rester absolument impassible sous ses caresses, sans bouger, pendant qu’il lui ferait l’amour équipé de et autres artifices langoureux.

Un petit jeu sexy pour corser la fête des amoureux.

Et il avait proposé un petit jeu supplémentaire pour corser le défi. Ils s’étaient déshabillés rapidement, Elise restant seulement vêtue de son parfum en s’étendant sur le lit moelleux, témoin de leurs ébats. Michaël lui avait alors attaché poignets et chevilles aux montants, à l’aide d’un simple papier crépon, qui se déchirerait au moindre geste, prouvant alors sa défaite.

Elise, plutôt dominatrice, s’était sentie émoustillée par cette position inhabituelle pour elle. Une étoffe de soie lui avait bandé les yeux, touche finale de la mise en scène, et Michaël avait commencé son entreprise. Ses lèvres avaient caressé sa bouche, ses doigts avaient glissé sur ses oreilles, pour finir par le point délicat, derrière le lobe, puis sur la nuque. Les mains étaient ensuite montées et descendues le long des bras, faisant naître des ondes électriques en atteignant les aisselles, pour finir en coupes sur les seins, titillant les mamelons durcis.

Il passa sous les reins arqués, pendant qu’Elise devait se mordre la lèvre pour ne pas gémir, pressant les fesses rondes, et continua sur ses cuisses, extérieur et intérieur, point sensible au genoux, jusqu’aux chevilles et aux pieds cambrés, se gardant bien de toucher à son sexe offert et mouillé.

Il remonta doucement le long de l’intérieur de ses jambes, pour effleurer le ventre satiné, dessinant des cercles autour du nombril. Elise sentit qu’elle allait perdre le contrôle de la situation quand son bassin se souleva malgré elle, allant et venant dans l’attente de la pénétration.

Michaël enfin, atteignit la chair turgescente, ouvrant les lèvres pour atteindre sa féminité. Elise fut incapable de tenir davantage, et arrachant le bandeau, vit un Michaël au visage crispé de désir, en une érection énorme.

Ses ongles lui lacérèrent les reins pour l’attirer à elle, et les crépons des chevilles firent un petit bruit de déchirure, alors qu’elle ouvrait largement ses jambes, pour enserrer les hanches de son amant.

Le pari était perdu, mais Saint Valentin dignement fêté.